Résumé :
Au lendemain du déclenchement des hostilités de la guerre civile, dans les zones restées fidèles à la république, les anarchistes aragonais se sont emparés du pouvoir, qu’ils avaient tant fustigé, et ils en ont fait un double usage. D’une part, ils ont voulu relever un défi social en implantant le collectivisme ou l’homme n’était plus l’esclave de l’homme et ou les deux principes fondamentaux étaient la solidarite et l’autogestion. D’autre part, ils ont commis les pires atrocités à l’encontre des représentants de l’ancien regime en sacrifiant des hommes et des femmes innocents. Rechercher la vérité sur ces évènements, telle a été notre principale démarche et cette thèse en est le résultat. Elle est divisée en trois parties. La premiere décrit les structures économiques, politiques, idéologiques et sociales de l’Aragon avant le 18 juillet 1936. Elle nous permet de connaitre la vie quotidienne des aragonais. Nous y avons étudié les idéologies en présence et analysé la perte catastrophique pour la république des trois capitales aragonaises. Dans la deuxième, nous étudions la collectivisation. Elle fut expérimentée du 19 juillet 1936 jusqu’à fin aout 1938 dans 70% des villages du territoire libéré. Nous avons consacré un chapitre à part à l’etude de la collectivite d’albalate de cinca grace au temoignage inédit d’Eusebio Ariso, l’un de ses membres. La troisième en est le coeur. Nous évoquons les moments les plus importants de la vie et de l’oeuvre des aragonais qui ont préparé et consolidé l’experience libertaire réalisée par le conseil d’Aragon. Nous avons retracé ensuite l’épisode douloureux de la répression religieuse dans le diocese de Barbastro, dans la province de Huesca, pour souligner les effets néfastes de cette révolution. Enfin, nous terminons cette troisième partie par l’étude de la contre-révolution fomentée par les communistes dont la conséquence immédiate fut la dissolution du conseil d’Aragon par le gouvernement Negrin le 10 aout 1937