Un site qui s’intitule Octobre 34 ne peut, bien évidemment, faire l’impasse sur l’évènement que beaucoup ont appelé la révolution asturienne de 1934. Venons en d’abord à notre propre famille qui a vécu ces événement et c’est pour cela que l’association familiale qui gère ce site, porte le nom d’ “Octobre 34, histoire d’une famille asturienne”.

Comme pour beaucoup d’autres, ces instants de révolte, de rébellion contre les puissances oppressantes ont été fondateurs d’un ancrage à gauche de notre famille, dans la pensée et l’action politique, en prenant des formes multiples pour les générations qui ont suivi. Nous qui sommes de la génération d’après, filles et fils de républicains, petites filles ou petits fils, nous n’avons fait qu’écouter les récits de nos ainés, parfois sans trop nous rendre compte de la puissance des évènements.

Cet éloignement inévitable, nous avons dû le réduire, en discutant, en enregistrant nos parents, en lisant, en faisant des recherches … Il nous a fallu prendre du recul sur les récits enflammés, les coups de gueules et les pleurs.

Par exemple, notre famille était d’obédience communiste à la sortie de la guerre civile. Certains membres ont magnifié la place des communistes dans l’histoire asturienne et ont pleuré, plus tard, à la mort de Staline. Il nous a fallu avec les lectures et les analyses, parfois récentes, décortiquer tout cela sans pour autant oublier l’engagement sincère de nos ainés. Mais nous savons que, malgré tous les méandres politiques complexes, les alliances éphémères des organisations, les enjeux de pouvoir, les membres de notre famille étaient des ouvriers, des prolétaires qui s’usaient au travail, issus d’une classe laborieuse qui devait lutter sans cesse pour défendre ses droits sociaux et essayait d’améliorer le sort des proches et de la communauté ouvrière.

Notre grand père issu d’une Espagne extrêmement pauvre et rurale, proche de la frontière portugaise a migré dans sa jeunesse vers les Asturies pour devenir mineur de fonds dans le bassin de Turon (Mieres). Il a fondé une famille de 10 enfants qui ont vécu de plein fouet les oppressions constantes des masses laborieuses, la radicalisation des mouvements ouvriers asturiens, la révolution, la répression, la violence des combats, la disparition, l’exécution, l’exode, la clandestinité. Bilan de la guerre civile dans notre famille, un oncle incarcéré puis fusillé, un autre à jamais disparu, une tante vraisemblablement jetée dans la fosse du Pozo Fortuna à Turon (Mieres), une nièce qui meure à petits feux dans un pensionnat catholique… Au final une famille qui s’éclate dans l’exode, au Mexique, en Belgique, et bien sur en France et qui mettra près de 12 ans à se retrouver.

Si nous voulons revenir sur les événements d’Octobre 1934, il nous faut donc prendre cette distance que les historiens et les chercheurs « honnêtes » nous proposent parfois en mettant un peu de coté les émotions sincères liées aux drames et aux souvenirs tragiques. Nous savons également que l’objectivité n’existe pas et qu’elle est une fausse valeur de droite. Nous ne regardons les événements et les faits que par des points de vue, plus ou moins outillés de modèles d’analyse, qui de plus peuvent évoluer au fil du temps.

Regardons donc cette révolution au travers d’ouvrages, commentaires ou articles que nous citerons dans nos sources et en nous posant quelques questions préalables.

Première question : Pourquoi la révolution d’Octobre 1934 a émergé et explosé dans les Asturies ?

Deuxième question : Quelles ont  été les réalités sociales et politiques  des évènements ?

Troisième question : Est-il juste de parler de révolution ?

Quatrième question : Quel a été l’impact de ces évènements sur la guerre civile et la suite de l’histoire espagnole ?

Si nous parlons ici des origines et de la genèse des événements, il nous semble possible d’affirmer plusieurs choses. Tout d’abord, la révolution asturienne ne sort pas de terre suite à un événement précis, un conflit, un attentat, un massacre particulier ou la montée en puissance d’un leader charismatique. Elle émerge suite à un long processus, construit historiquement, de radicalisation du mouvement ouvrier asturien. Depuis l’industrialisation forte de cette région au cours du XIX e siècle, les organisations patronales et propriétaires n’ont de cesse de contraindre les ouvriers en jouant continuellement sur les conditions de travail, (l’allongement des heures de travail, la baisse des rémunérations, les contrats précaires …). Pendant des décennies ce qui est gagné, parfois par des grèves très longues et éprouvantes est systématiquement rogné entre deux conflits ou remis en question.

L’industrialisation des Asturies remonte à la fin du XVIII° siècle avec l’installation de la manufacture d’armes d’Oviedo (1794), et celle de Trubia (1796). Il faudra attendre la moitié du XIX° siècle pour voir apparaitre les premiers hauts-fourneaux qui permettront le développement de l’industrie charbonnière (1848 : édification du premier haut-fourneaux de Mieres). A la fin du XIX° siècle la fabrique de Mieres emploie 4573 ouvriers, mineurs ou métallurgistes. L’extension de l’industrie amène le développement des associations ouvrières. A partir de 1870 on trouve les traces de l’existence des premières sociétés ouvrières à Gijon, et dès 1872, l’Internationale compte plusieurs sections dans les Asturies (Oviedo, Mieres et Sama). La première grève d’importance connue a eu lieu à Langreo en 1873. Elle a été suivie par d’autres, comme celles de Mieres en février1879 et en 1884 mais peu d’informations subsistent sur ces mouvements. La première grève la plus renseignée est celle du 19 avril 1881 quand les mineurs des puits Llascaras et La Moral abandonnent leur travail pour se rendre au puits La Mosquitera dans le but d’exciter les ouvriers de cette société. Après quoi ils jetèrent à la rivière plusieurs wagons de charbon et en basculèrent d’autres dans un ravin. Effectivement le 24, l’entreprise se voit obligée d’éteindre un haut-fourneau et est menacée de devoir éteindre l’autre si le travail n’est pas repris. Le journal El commercio de Gigon annonce la fin de la grève sans donner plus de précision. Déjà, dans ce conflit primitif, se manifeste la rapide extension des grèves solidaires qui vont désormais caractériser le mouvement ouvrier des bassins miniers.

La fabrique d’armes de Trubia en 1920

En 1897 et 1898, plusieurs épisodes de révoltes populaires dus à la cherté de la vie ont lieu à Oviedo, Gijon, Trubia et Mieres. A Mieres l’intervention de la garde civile (La Bénémérite) provoque déjà deux morts et 20 blessés. Tous ces conflits ont, dans un premier temps un caractère spontané. La pénétration des théories et des organisations ouvrières ne devient vraiment sensible qu’au début du XX° siècle. De 1899 à 1902, en trois ans , la région passe de 2 syndicats à 70 regroupant 4000 travailleurs! Très vite le nombre d’adhérents à la l’U.G.T (Union General de Trabajadores) frise les 7000 soit le cinquième de cette centrale socialiste au niveau national.

Les anarchistes prédominent parmi les ouvriers de Gijon et de La Felguera. Début Janvier 1901, les portefaix du port du Musel (Gijon), exigent de leurs patrons une augmentation du paiement de la journée et une amélioration de leurs conditions de travail. lls déclenchent une grève qui très vite fait tache d’huile dans les autres secteurs de la classe ouvrière de Gijon. Les autorités ripostent en mettant à disposition du patronat une section de gardes civiles et en employant des travailleurs d’autres régions pour briser la grève. Mais cette manœuvre échoue lorsque les travailleurs importés se mettent aussi à débrayer. A partir du 20 Févier, la faim oblige les travailleurs à renoncer mais cette défaite ne provoque pas de démoralisation de la classe ouvrière de Gijon, ni n’affecte l’influence des anarchistes. S’enchainent les conflits; 1902 avec les travailleurs du Caudal; 1903 grève à Duro Felguera; 1905, les ouvriers de la la fabrique de Mieres présentent une plate forme de revendications incluant une augmentation de 10%, la direction refuse et décrète au contraire une baisse unilatérale de 10% pour les ouvriers qui “se sont ostensiblement éloignés de la religion”. Le 21 Janvier restera dans les mémoires comme “La Grande Grève”. Les syndicalistes se satisfont d’un arrêt de 6 jours mais les mineurs illustrent leur désaccord en se déclarant grévistes à partir du 7 février. Les socialistes s’opposèrent à cette grève mais furent obligés de s’y joindre. Le patronat réplique en ordonnant l’expulsion des travailleurs des maisons appartenant à la fabrique, ce qui amène un groupe de femmes face au directeur. La solidarité des anarchistes, républicains et même des prolétaires d’autres régions ne put empêcher la défaite. D’autres conflits jalonnèrent les années suivantes. Selon l’Institut des réformes sociales, durant le quinquennat 1905-1909, il y a eu aux Asturies 16 grèves auxquels participèrent 8336 travailleurs. Si on rapporte le nombre de grévistes au total des travailleurs, les Asturies ont le plus haut taux national de conflits sociaux.

En novembre 1910 est crée le syndicat des ouvriers mineurs des Asturies (SOMA) ou Syndicat mineur. fédéré à L’U.G.T. qui connait une forte croissance, enregistrant plus de 10000 adhérents en deux ans. En mai 1912 éclate une grève de 18 jours aux Houillères Espagnoles, dans la vallée d’Aller afin de protester contre le licenciement de 5 travailleurs. L’entreprise ne tient pas ses promesses et congédie 9 autres ouvriers affiliés au Syndicat mineur, ce qui provoque une nouvelle grève en septembre. Les ouvriers sont finalement réintégrés mais le patronat favorise un syndicalisme jaune catholique pour contrecarrer l’influence du SOMA. Mais la base ouvrière s’écarte parfois de la direction du syndicat.

A la mi juillet 1912 , le conflit le plus notable est mené par les métallurgistes anarchistes de La Felguera. Après 3 mois de débrayage, les caisses de résistance des travailleurs, approvisionnant quelque 1500 à 2000 familles de grévistes, sont épuisées. La faim et la rumeur patronale de vouloir déplacer l’usine vars Bilbao, enflamment les esprits ouvriers qui affrontent les forces de l’ordre dans les rues de La Felguera. Quatre ouvriers sont incarcérés et les socialistes ne réagiront pas avant le 5° mois de grève. Les arrestations continuent et le conflit s’envenime, les 800 ouvriers de la SOMA rallient finalement le conflit en janvier 1913 … En 1913, la majorité des entreprises minières fondent l’Assemblée patronale des mineurs asturiens qui accorde aussitôt au Syndicat mineur la qualité d’interlocuteur. Seuls les Houillères Espagnoles refusent de reconnaitre le syndicat réformiste.

Un pacte est signé entre la C.N.T. et l’U.G.T. en 1916. Parallèlement les cheminots lance une grève spontanée qui s’étend rapidement à l’ensemble du pays. Aux Asturies elle démarre le 12 Juillet à minuit, rejointe en solidarité par le SOMA. L’état de guerre est décrété par les autorités de Madrid et élargi aux Asturies dans les 3 jours. Le mécontentent continue et la radicalisation du mouvement ouvrier progresse. Une fois de plus les cheminots de la C.N.T. et de l’U.G.T déclenchent à nouveau le conflit le 13 Aout 1917, grève qui sera massivement suivie dans les Asturies. Le 1er septembre, alors que le mouvement s’éteint dans le reste du pays, il culmine dans les Asturies quand le patronat minier refuse aux travailleurs les travaux de maintenance, précédemment accordés sur les puits et les installations. Le gouvernement réagit avec une extrême violence, déployant l’armée dans les bassins miniers. Pendant 24 jours se succédèrent des affrontements réguliers et violents entre ouvriers et forces de l’ordre, attentats à l’explosif, sabotages, perquisitions de domiciles, torture et assassinat des travailleurs. Le comité régional de grève rejette le plan insurrectionnel proposé par l’anarchiste José Maria Martinez. Le conflit se solde par une défaite des prolétaires dont beaucoup se réfugient dans les montagnes.

A l’automne 1919, 800 métallurgistes de Gijon partent en grève. 300 autres de l’usine Textil Algodonera les rejoignent. Ils exigent la journée de 7 heures pour les mineurs de fond. Après 15 jours de grève, ils obtiennent satisfaction. En 1920, les travailleurs des Houillères de Turon partent en grève solidaire du personnel administratif de l’entreprise. A Coto Musel, 3 sections du SOMA se déclarent grévistes. A Barredos les mineurs se rebellent à la fois contre l’entreprise et le Syndicat, les dirigeant syndicaux ordonnent un retour au travail mais sont ouvertement désavoués par la base ouvrière.

Le Syndicat mineur élargit ses bases à Aller, menant un dur combat contre la concurrence du syndicat catholique prédominant. Mais le Syndicat atteint un niveau de bureaucratie et de représentation tel, que les mineurs s’en détourne. Son plus haut dirigeant Manuel Llaneza accumule les postes officiels (il est entre autres le maire de Mieres). L’aggravation de la crise économique permet au patronat d’utiliser le SOMA à ses propres fins grâce à la collaboration irresponsable de ses dirigeants. Cette décadence des dirigeant socialistes ne se verra freinée que par l’action résolue des ouvriers qui vont, en acte, obliger la direction syndicale à changer de ligne et de stratégie. Conscients de la faiblesse des dirigeants du Syndicat mineur, l’Association patronale décide d’en tirer les bénéfices. Nageant dans un climat de collaboration le secrétariat syndical renonce à lutter contre une baisse de salaire quotidienne de 3,75 pesetas. Les entrepreneurs miniers exigent fin 1921 une réduction de 50% du paiement des heures supplémentaires. Le Syndicat réagit contre cette mesure tout en proposant en échange une hausse de la productivité… Le 2 janvier 1922 les mineurs de Langreo déclenchent une grève spontanée que le SOMA est bien forcé de soutenir à partir du 8 janvier. Le conflit touche les entreprise de l’Association patronale de La Felguera , de Mieres et de Turon. Un accord syndical en queue de poisson est conclu mais de nombreux mineurs continuent leur lutte pendant plusieurs jours. Mais en Avril, tachant de profiter de cette situation de faiblesse, le patronat annonce une baisse générale des salaires de 20%. La solution avancée par le dirigeant du Syndicat Llaneza, est incomprise : une heure de travail supplémentaire en échange du maintien des salaires. Une fois de plus les travailleurs ne sont pas d’accord et enclenchent une grève spontanée. Les mineurs cessent le travail et le mouvement est pratiquement total vers le 18 mai et durera jusqu’au 9 Aout. La grève fut remarquable par la résistance que les ouvriers opposèrent aux compromis proposé par l’exécutif syndical. Le résultat d’un référendum initié par les bureaucrates syndicaux, soumettant à l’approbation des travailleurs un misérable accord acceptant une baisse de 10% des salaires est sans appel : 6470 votes contre et seulement 60 votes pour. Rajoutons à cela le fait que les sections les plus importantes comme Mieres, Turon, Figaredo, Blimea, Vegadotos et Ujo ont vigoureusement refusé de participer à cette pantomime électorale organisée par leurs responsables. Le ministère du Travail interviendra pour arbitrer un accord entre patrons et responsables syndicaux. Le retour à la mine est décrété sur la base d’une réduction de 5% des salaires et un engagement du Syndicat à obtenir une augmentation de 20% de la production, en précisant bien que, jusqu’à atteindre ces objectifs, la baisse salariale restera appliquée. Le 9 Aout les mineurs regagnent les puits excepté à Lena et à Mieres. Le divorce entre ouvriers et bureaucrates syndicaux est consommé.

Le 13 septembre 1923, le général Primo de Rivera fomente un coup d’État et impose une nouvelle dictature à L’Espagne. En Espagne comme dans d’autres pays européens, l’antisémitisme atteint une intensité plus grande après 1917. Le socialisme est considéré comme une création des Juifs dont les capitaux ont financés la Révolution russe, idée à laquelle confèrent une crédibilité illusoire les origines juives d’éminents bolcheviques comme Trotsky, Martov et Dan. Les classes moyennes et supérieures espagnoles sont pétrifiées et indignées par les divers mouvements révolutionnaires qui les menacent entre 1917 et 1923. Les craintes de l’élite s’apaisent quelques peu en Septembre 1923 quand l’armée intervient à nouveau et que le Général Primo de Rivera établit une dictature. Primo de Rivera est l’allié des barons catalans du textile et a compris la frayeur que leur inspire la main d’œuvre anarchiste. On pourraient révéler ici la piètre analyse idéologique des gens de pouvoir qui ne voient jamais dans les processus politiques et économiques qu’ils mettent en place, les mécanismes de domination extraordinaires qu’ils imposent aux forces laborieuses. Et ceux-là s’étonnent et s’effraient des logiques révolutionnaires qu’ils ont eux même immiscées dans leur vision oppressante du monde.

Primo de Rivera est également conscient des peurs des Latifundistas (riches propriétaires terriens) du Sud. Il est donc le défenseur prétorien idéal pour la coalition réactionnaire d’industriels et propriétaires terriens qui se forme après 1917. Tous ces gens se donnent beaucoup de mal pour imposer l’idée qu’un combat à mort oppose en Espagne deux groupes sociaux, politiques et surtout moraux. Fondamentalement toutes ces théories visent à priver de toute légitimité l’ensemble de la gauche, depuis les démocrates libéraux bourgeois jusqu’aux anarchistes et communistes. Les dénonciations de cette “anti Espagne” sont diffusées par la presse de droite et par le parti unique du régime, l’Union patriotique (Union Patriotica). ainsi que par les organisations civiques et le système éducatif.

Dans les Asturies, un des premiers actes du général est de s’entretenir avec Manuel Llaneza, leader du Syndicat mineur. C’est le premier pas d’étroites relations entre socialistes et militaires. Largo Caballero est élu au Conseil d’État à l’automne 1924. Pendant ce temps les militaires persécutent furieusement anarchistes et membres du Parti communiste espagnol éliminant ainsi les concurrents des socialistes. Pour sa part, le patronat minier asturien persiste à exploiter pour son propre bénéfice le syndicalisme “responsable” et possibiliste des socialistes. Après avoir annoncé la nécessité d’une baisse des salaires, la fabrique de Mieres renvoie sans préavis 350 ouvriers. Les ouvriers déclenchent immédiatement une grève. mais les bureaucrates socialistes réagissent de manière cohérente avec leur politique de collaboration. Le leader charismatique du Syndicat court pleurnicher chez le dictateur sollicitant sa gracieuse intervention. Primo de Rivera prend le parti de ces représentants des travailleurs et leurs leaders présenteront cette attitude rien moins que comme un triomphe de classe, se fiant plus à la parole d’un dictateur qu’à l’action des travailleurs eux mêmes. En octobre 1927, les responsables du Syndicat ont l’occasion de vérifier ce que vaut la parole d’un dictateur. Ce mois là, Primo de Rivera se soumet aux intérêts du patronat en établissant un décret qui prolonge d’une heure la journée de travail des mineurs de fond, la rendant ainsi équivalente à celle des travailleurs de surface, annulant ainsi la victoire obtenue en 1919 par le SOMA … Les syndicalistes transigent mais la base ne marche toujours pas et se met spontanément en grève jusqu’au 25 Octobre. Cet accord sera finalement accepté avec résignation par les mineurs : sur un total de d’environ 28 000, moins de 7000 participèrent au référendum organisé par la centrale mais la mobilisation de l’automne 1927 eut pour effet de réveiller les ouvriers tombés dans une profond léthargie depuis 4 ans.

Une fois de plus, les mineurs ont été obligés d’affronter un triple ennemi : l’État, le patronat et le syndicat réformiste et collaborationniste.

Manuel Llaneza Zapico

Les ouvriers de Coto Musel perdent patience et décident à l’unanimité de partir en grève. Dans le même temps le dictateur entend récompenser Llaneza et les socialistes pour leur collaboration en les invitant à rejoindre une assemblée constituante censée donner un vernis démocratique à la dictature. La crédibilité socialiste s’effondre et le SOMA continue à se déliter jusqu’à pratiquement disparaitre : de 20000 adhérents en 1921 il n’en reste plus en 1929 que … 3000. Le mécontentement des mineurs vis à vis du SOMA, faisait depuis un certain grossir les rangs du Syndicat unique mineur (SUM) alors illégal. Soutenu par les anarcho-syndicalistes et les communistes, il s’est à la fois affilié à l’Internationale syndicale rouge et à la C.N.T. même si la présence libertaire y est amplement majoritaire. La répression de Primo de Rivera à l’encontre des syndicats concurrents du SOMA l’empêche de se consolider mais à la chute de la dictature, en mai1930, le SUM est légalisé et connait une forte croissance. En novembre 1930, il entame un grève en protestation du renvoi d’un ouvrier des Charbons Asturiens. Elle est suivi par 20000 personnes. Pourtant même les cadres du SUM n’arrivent pas à contrôler les travailleurs et sont obligés d’admettre que “la plupart des grèves de 1930 n’ont été administrées ni par eux, ni par le SOMA”

Groupe de mineurs d’El Pison, 1934

ARTICLE EN COURS DE REDACTION

Une réponse

  1. Bonjour ,mon grand-père francisco fernandez gonzales de paramo del sil et mort d’une balle dans le dos donc certainement fusilier en 1934 ,il était mineur à villablino leon, j’ai pas plus f info , merci ,carlos

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