Quelques repères dans notre longue histoire familiale
(D’après un texte de Carmen Otero Pérez)
Tout démarre dans les Asturies.
C’est là que se sont rencontrés le grand-père Féderico Pérez Pérez et la grand mère Bernarda Zapico Iglesias et qu’ils se marièrent. Le grand père est originaire de Mieza, un village très rural et très pauvre, situé au bord du Duero à la frontière du Portugal. Federico quitte, assez jeune sa région natale pour trouver du travail dans le bassin minier de Mieres dans les Asturies. La famille s’installe dans le village de Turón et vivra un certain nombre d’années dans le quartier de Los Cuarteles, sorte de coron pour les familles de mineurs, bâtiments aujourd’hui disparus. Federico et Bernarda eurent 12 enfants dont deux décèdèrent en très bas âge, Bernardino et José. Enrique, le second Bernardino (Nardo), Maria (Mary), Asuncion (Choni), Joaquin, Federico (Fédé), Carmen, Inés, Adolfo, Ana (Anita) font partie avec leur descendance de cet album familial.
L’histoire du mouvement ouvrier asturien percute de plein fouet le vécu de la famille
Le bassin houiller des Asturies sera exploité à partir de la moitié du XIX° siècle.
Du fait des conditions de travail très diffíciles dans les mines et des logiques d’exploitation permanente très dures de la part du patronat, les ouvriers de la régión se forgent, au cours des décennies, une culture politique très forte qui s’ancre dans l’anarcho-syndicalisme, dans le socialismo et le communisme.
Le 14 avril 1931, la seconde République espagnole est enfin proclamée. Le roi Alphonse XIII (le grand père de Juan Carlos I) part en exil.
En Octobre 1934, Révolution dans les Asturies, insurrection minière. Les ouvriers manifestent contre l’arrivée des fascistes dans le gouvernement. Le mouvement est anéanti par l’armée déja dirigée par Franco.
Les deux fils ainés de Federico et de Bernarda, Enrique et Nardo, qui font partie des révoltés, sont emprisonnés. La répresion est sanglante, 3000 morts, 7000 blessés et près de 30 000 prisonniers qui furent, pour beaucoup, torturés. Le nom de notre association est tiré de ces évènements.
En Février 1936, les partis de gauche et les partis républicains qui ont fondé le Front Populaire gagnent les élections. Les prisonniers politiques sont libérés. Enrique sort de la prison d’Oviedo et Nardo de celle de Pamplona, tous deux reviennent à Turón et continuent leur lutte politique.
Enrique étudie jusqu’à l’âge de 14 ans puis travaille dans la mine. Il se marie avec Isabel Natal Castellano, née en Argentine. Ils donnent naissance à deux filles: Carmen (Carmina) et Paz (Pacita).
Nardo étudiera durant un certain temps dans un monastère à côté de la chapelle préromane de Valdedios, mais il abandonnera assez vite les lieux et reviendra à Turón
À la fin de l’année 1933 Maria (Mary) part à Madrid pour servir chez la fille du médecin de Turón.
Juillet 1936, la guerre éclate.
Celle-ci est déclenchée par un coup d’Etat fomenté par Franco et les forces militaires fascistes du pays
Le 18 juillet 1936, soulèvement fasciste, dirigé par Franco, contre le gouvernement légitime de la République. Communistes, anarchistes, socialistes, trotskistes, républicains, intellectuels et artistes s’organisent en milices populaires pour défendre la République et la liberté. L’Espagne se transforme alors en terrain d’entrainement pour la 2ème Guerre Mondiale. Les défenseurs de la liberté dans le monde entier s’engagent pour aider le peuple espagnol. Les Brigades Internationales s’organisent.
Le 19 aôut 1936 Federico García Lorca est assassiné à Grenade
Enrique et Nardo s’engagent dans la lutte du coté des troupes républicaines. Joaquin encore très jeune apportera un soutien à l’intendance des brigades de fortification dans les montagnes asturiennes.
Le 5 octobre 1936 Bernarda, accompagnée de Choni, Fédé, Carmen, Inès, Adolfo et Anita, abandonne les Asturies car les franquistes occupent le nord de l’Espagne. Ils partent en bateau du port de Gijón jusqu’à La Pallice (La Rochelle) pour rejoindre en train, par la suite, Barcelone qui demeure républicaine.
Bernarda et Choni travaillent alors dans un dortoir du Parti Communiste. Carmen, Inés, Adolfo et Anita sont accueillis dans des colonies. L’une d’elles, Arenis de Mar, est subventionnée par le gouvernement mexicain solidaire avec l’Espagne républicaine. Fédé, lui, y reste aussi, durant un certain temps mais part bientôt à Barcelone.
Maria se trouve à Madrid, Federico, le grand père, reste à Turón, Enrique, Nardo et Joaquín sont sur le front.
Bientôt les puissances occidentales abandonnent la République espagnole et signent le Pacte de Non Intervention, les Brigades Internationales sont obligées de quitter l’Espagne. Par contre l’ armée allemande avec toute sa force militaire et l’armée italienne continuent d’aider les troupes de Franco, (également nommées nationalistes).
Nardo est arrêté puis incarcéré à la prison d’Oviedo. Joaquin viendra le voir régulièrement en prison. Puis un jour de visite il apprend de façon impromptue qu’il a été fusillé. Nardo tombe sous les balles du peloton, le 7 mai 1938 après avoir été jugé de façon expéditive, comme beaucoup d’autres, par un tribunal militaire franquiste. Une stèle a été érigée il y a quelques années dans le cimetière d’Oviedo où l’on peut y lire son nom.
L’ armée républicaine est confrontée à de grandes difficultés, les forces sont terriblement inégales, mais le peuple résiste avec très peu de moyens. Peu à peu les troupes républicaines sont repoussées vers la frontière catalane.
Le long exode commence
Fin janvier 1939, les franquistes sont aux portes de Barcelone. Luciano récupère un camion, abandonne le front durant quelques heures pour chercher la famille. Bernarda, Choni, Fédé, Mary et sa fille Pily, avec des centaines d’autres personnes se trouvent à l’abri des bombardements dans la station de métro de la place de Catalogne à Barcelone. Le hasard, qui parfois fait bien les choses pousse Choni vers la sortie de la station et là tout à coup elle découvre Luciano. Celui-ci les fait monter dans le camion et les conduit en pleine campagne dans une maison de paysans à Gerona. Une semaine après il revient les chercher pour les accompagner plus près de la frontière. Ils y passent une douzaine de jours. Puis Luciano revient avec un autre camion. Cette fois ci c’est l’adieu à 30 kilomètres du Perthus. La famille se dirige vers la France et le commandant Luciano retourne avec son bataillon qui sera celui qui fermera la frontière espagnole.
Les républicains ont perdu la guerre. Ils doivent se réfugier en France, ils passent la frontière catalane, à pied, en voiture, en camion. Les soldats sont obligés de laisser leurs armes sur place. C’est la Retirada.
Luciano ferme donc la frontière puis on le conduit vers les camps de concentration installés sur le litoral catalan français. D’abord il restera durant une période dans celui d’Argelès sur Mer puis dans celui de Barcarès. De là il s’échappe et avec l’aide du Parti Communiste et du consulat mexicain. Il obtient une fausse identité (à partir de là il sera José Otero) et réussit à prendre un bateau, ”Le Mexique” pour aller de La Pallice (La Rochelle) au port de Veracruz au Méxique.
Antonio Machado meurt de tristesse à Collioure en1939.
Les petits de la famille, qui se trouvaient dans des colonies, passent aussi la frontière. Au dernier moment ils se perdent entre eux. Carmen et Anita restent ensemble et une fois passé la frontière elles sont acheminées vers un refuge dans le Nord de la France.
Adolfo chemine seul vers la France quand tout à coup il découvre Inès. Ensemble ils seront dirigés vers la Belgique où deux familles socialistes les accueilleront.
Inès est accueillie par la famille Fossion et Adolfo par la famille Leblanc.
Bien que loin de la famille ils passent en Belgique des jours heureux et leurs familles belges resteront pour toujours dans leur coeur et leur mémoire.
Bernarda, Choni, Fédé, Mary et Pily sont amenés vers un refuge pour femmes et enfants à Argentan puis plus tard à La Ferté Macé en Normandie avec d’autres familles exilées. Quelque temps après, grâce à la Croix Rouge Internationale, ils retrouvent la piste de Carmen et Anita qui viennent les rejoindre rapidement.
Bientôt il y aura aussi des nouvelles d’Inès et d’Adolfo en provenance de la Belgique. En février 1940 ils voyagent jusqu’en Normandie pour se réunir avec le reste de la famille à La Ferté Macé. Petit à petit la famille se retrouve.
Mary décide de rejoindre Luciano au Mexique, le consulat mexicain est toujours solidaire avec les réfugiés espagnols. Mary et Pily embarquent sur le “De Grasse” le 22 décembre 1939 au Havre, direction le Mexique. Ce sera le début d’une longue séparation.
Le gouvernement mexicain de Lázaro Cárdenas accueille les réfugiés républicains les bras ouverts. Les intellectuels, les professeurs, les maîtres d’école, les artistes, les écrivains, les artisans, les paysans et ouvriers s’intègrent dans la vie mexicaine rapidement. Mary et Pily rejoignent Luciano au nord du pays à Chihuahua. Là le gouvernement mexicain offre des terres aux républicains qui connaissent l’agriculture et l’élevage. Ils y montent une grande coopérative, avec leur école, un médecin, des maisons en bois. Toute une vie collective, autour des moissons et de l’élevage des animaux. De 1940 à 1945, la famille vit cinq années heureuses et productives. Dory naît à Chihuahua.
Le 1er Avril 1939 les troupes de Franco finissent d’envahir toute l’Espagne, fin de la guerre que certains appeleront “civile”. S’en suivra une dictature très répressive durant 36 longues années.
Pendant la seconde guerre mondiale.
Le 3 Septembre 1939 la France et l’Angleterre déclarent la guerre à l’Allemagne, celle-ci vient d’envahir la Pologne. Le 22 juin 1941 l’Allemagne déclare la guerre à l’Union Soviétique.
En 1941 Fédé part de Normandie pour rejoindre Royan en Charente maritime, il doit travailler pour les allemands pour la construction du mur de l’Atlantique, Choni l’accompagne. Peu de temps après, le reste de la famille les rejoint.
En 1944 les espagnols sont obligés d’abandonner Royan, la famille se dirige alors à Montils (Charente maritime)). La joie de la libération de Paris en aôut 44 les surprend dans ce petit village de campagne. Mais hélas en décembre de la même année Fede est victime d’un terrible accident, pris dans l’engrenage d’une machine de battage, il perd une jambe.
En aôut 1944 c’est la Libération de Paris où l’on retrouvera pas mal de républicains espagnols qui se sont engagés dans la lutte contre le nazisme. Le 8 Mai 1945, c’est la fin de la seconde guerre mondiale
La vie retrouve, peu à peu, son cours normal
Choni et Pedro se marient à Montils (17) en aôut 1945. Ils auront quatre enfants:
Pierre (Coco), avec de gros problèmes de santé, décèdera très jeune. Puis vinrent Bernard, Katia et Antoine (Toni). Georgette et Felipe, amis très proches de la famille auront deux enfants, Evelyne et Felipe (Panchito), celui-ci passera un grande partie de son enfance avec les enfants de la famille, un cousin de plus ou de moins …
1946. Mary et Luciano ne vivent plus à la coopérative à Chihuahua, celle-ci a été démantelée, maintenant ils habitent à la capitale avec leurs deux plus grandes filles. Carmen la troisième ne naîtra qu’en 1955 à Tulancingo.
1947. En France, la famille s’installe à Jolysable, à la sortie de Pons en Charente maritime, une nouvelle période commence dans cette grande maison, la maison de la famille et des amis, les mariages vont se succéder, les naissances vont agrandir le cercle familial.
Derniers regroupements, de nombreuses familles se créent
Joaquin et le grand père Federico sont restés dans les Asturies.
Le 27 novembre 1947 Joaquín passe clandestinement la frontière basque avec Pacita, tous deux vont rejoindre le reste de la famille en France. Joaquin ne pourra pas ramener en France la petite Carmina, soeur de Pacita qui est décédée dans le pensionnat asturien où elles avaient été placées.
Le 8 février 1962, neuf personnes meurent à Paris dans une manifestation pour la paix en Algérie.
La guerre d’Algérie dure de 1954 à 1962.
Luciano arrive en France en automne 1964.
En 1948 Fédé se rend avec Bernarda (la abuela) à Hendaye pour chercher Federico (el abuelo) qui vient lui aussi vivre en France.
Le 13 Décembre 1947 en Belgique, Fédé se marie avec Paula Leblanc. C’est la fille de Nénène, la maman belge d’Adolfo. Paula est la mère d’une petite fille noire, Anita, dont le père fut un soldat américain durant la guerre en 1945. Fédé reconnaitra plus tard Anita.
Fédé et Paula auront six autres enfants: Marie Paule, Fredy, Jeannot, Fabrice, Fabien et Stéphanie.
Inès se marie avec Georges Bonnin le 12 avril 1950. Ils auront trois enfants: Patrick, Thierry et Isabelle.
Joaquín se marie avec Marie-Madeleine Bordeaux (Mado) en Novembre 1952. Ils auront 5 enfants : Marie-Christine, Martine, Jean-Michel, Philippe (Zapi) et Bruno.
La famille Campoy-Otero s’est installée dans les Landes. Victoria Otero est la soeur de Luciano. Depuis le début de la guerre elle se trouve à côté de sa belle soeur, Mary. Lorsque Luciano et Mary partent au Mexique, Victoria et ensuite tous les siens maintiennent une relation très étroite avec la famille Pérez. Pour la grande-mère Bernarda, Antonio, Conchita, Mari, Pierrot, Joseph et Mario font partie de ses petits enfants aussi.
Le 5 mars 1953, mort de Staline. La famille se dira toujours de sensibilité communiste mais aujourd’hui de nombreuses opinions se sont développées dans les ramifications familiales mais il demeure un esprit de famille très fort entre de nombreuses branches.
Carmen se marie avec Pierre Breton en aôut 1954. Ils auront deux enfants, Jean Marie et Sophie
Pacita se marie avec Jean Ramaud le 29 juin 1959. Ils auront deux fils, Thierry et Stéphane. Dory arrive du Mexique à Paris en 1965. C’est la noce de Jean Paul, le fils de Jean Jauneau.
Antonio Campoy meurt en avril de 1967.
Federico, le grand père meurt à Salamanca en 1968 alors qu’il effectuait un voyage de visite dans sa famille. Sa tombe est visible dans le cimetière de Salamanca.
Pily et sa fille Lulú viendront du Mexique pour visiter la famille en 1968.
Retour en Espagne et activités clandestines pour certains
1970/1971 Adolfo se trouve en prison en Espagne. Il est arrêté parce qu’il transporte de la propagande interdite et qu’il appartient au Parti Communiste.
1972, Dory s’installe vivre avec Adolfo à Madrid.
1972, Inès, suite à des problèmes de santé, décède à Pons à l’âge de 45 ans.
En Juin 1975 Carmen Otero s’installe chez Dory et Adolfo à Madrid. Le 28 juin 1975 naît Enrique le fils de Dory et Adolfo.
20 novembre 1975 Franco meurt puis le 22 novembre 1975, Juan Carlos Ier est proclamé roi d’Espagne. Le 9 avril 1977 le Parti Communiste est enfin légalisé. En Juin 1977, premières élections démocratiques, depuis la guerre, en Espagne. En Décembre 1977, Paula décède à Paris, puis est enterrée à Pons.
Le 6 décembre 1978, référendum pour une nouvelle constitution. L’Espagne devient une monarchie parlementaire.
Mai 1981, François Mitterand est élu président de la République en France
En 1997, à Barajas-Madrid, Dory et Adolfo invitent toute la famille pour leurs noces. C’est le premier grand regroupement familial depuis de nombreuses années.1995, Choni et Pedro fêtent leur 50 ans de mariage à Montils. 2005 Dolfo et Dory organise une nouvelle fête de famille à Gavilanes.
Fédé organisera également une grande fête à Bords (17). Les envíes de tous se retrouver régulièrement sont bien réelles.
La création de l’association “Octobre 34”
Le 04 Avril 2009 déclaration à la Sous-Préfecture de Saintes de l’Association “Octobre 34, histoire d’une famille asturienne”. L’association se donne pour mission de développer et d’entretenir la mémoire familiale et d’organiser de grands rassemblements familiaux.
Les premiers à relancer les grands rassemblements familiaux ont été Adolfo et Dory qui invitèrent toute la famille pour leur mariage à Barajas en 1997.
Puis Fédé invita tout le monde à une nouvelle grande fête à Bords (17) en 2001 et en 2005, puis une nouvelle fête s’organisa à Gavilanes en 2015
Mais outre l’organisation de ces fêtes régulières au Petit Fayolle (16) en 2007-2009-2015, à La Rochelle (17) en 2011 et 2012, à Tusson (16) en 2014, à Marcillac Lanville (16) en 2017, un voyage a été organisé en Mai 2012 dans les Asturies au cours duquel les nouvelles générations ont pu découvrir les lieux de vie de la famille et les lieux de mémoire.
En 2022 l’association, organise une nouvelle fête à la ferme du Maine Vigier (Saint Palais de Phiolin-17), propriété viticole et maraichère de Julie et de Christophe. Merci grandement à eux et à toutes celles et ceux qui ont aidé et pour le travail colossal d’aménagement qui a été accompli pour accueillir les familles dans de bonnes conditions. A l’occasion de cette fête, Jean-Michel, aidé d’un certain nombre de membres de la famille, édite un album qui reprend la généalogie de la famille depuis le grand père Federico et la grand-mère Bernarda jusqu’à aujourd’hui.
Juste avant cette fête de famille, un cousin éloigné, du coté du grand père, de la branche de Mieza, reprend contact avec la famille, Santiago Fernandez Garcia. Santiago est issu d’une branche des grand-parents du grand-père Federico! Ce couple de grand-parents (Nicolasa et José) eurent deux enfants: une fille, Maria Perez Conde (qui fut donc la mère de notre grand-père Federico) et un fils, Antonio Perez Conde. C’est de la branche de cet Antonio qui se mariera avec Josefa que se fera la filiation avec Santiago. C’est la branche que nous appelons “la branche de Zamora” car une partie de la famille issue du village de Mieza viendra s’installer dans la capitale de la province pour trouver du travail, créer des entreprises. Enfants, les enfants de Joaquin, se souviennent d’être allés visiter les membres de la famille de Zamora sans pour autant comprendre la connexion généalogique avec leur propre grand-père. C’est grâce à Santiago qui a entrepris de véritables recherches sur l’histoire de la famille que la connexion a pu être refaite. Santiago rencontrera, en compagnie de sa nièce, Jean-Michel, Carmen et Dory à la maison de Gavilanes durant l’été 2022. Ce fut une journée très chaleureuse et constructive dans la reconstitution de notre histoire familiale.
Pour faire le lien avec la création du site Octobre 1934 que vous êtes en train d’explorer, il faut comprendre que l’histoire de notre famille, au delà de la dimension affective qui a su être maintenue au fil des ans, a été touchée de plein fouet par la guerre d’Espagne. S’inscrivant historiquement dans un vécu ouvrier et prolétarien, cette pensée et cette incarnation à gauche a influencé les nouvelles générations qui ont compris les rapports de domination et de répression qu’ont vécu bon nombre des membres de notre famille et par là même la nécessité de lutter pour le changement social et politique.
Certes, l’histoire de notre famille n’est pas isolée et peut se comparer à d’autres itinéraires nombreux qu’a fabriqué le conflit espagnol mais il faut comprendre qu’elle a laissé suffisamment de traces chez les générations suivantes pour aboutir à la création de ce site.
Mais ce site, hormis cette page liée à notre histoire, se veut, avant tout, être un outil collectif d’information et de données utiles à toutes celles et ceux qui s’intéressent au sujet de la guerre d’Espagne. Il se construit progressivement au fil des mois de façon totalement bénévole.
Ce site, c’est aussi le vôtre. Vous pouvez y apporter votre contribution en utilisant le formulaire de contact présent dans toutes les rubriques. N’hésitez pas.
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3 réponses
Je suis fier de notre histoire, fier de nos parents, de notre famille.
Je suis l’un des petits fils d’Isabel y Enrique, j’ai aujourd’hui 60 ans.
Sans avoir vécu ces déchirures ni même courbé la tête sous le sifflement des balles, j’ai grandi avec le poids de la mort non naturelle.
Ma Maman n’a jamais pu me raconter son histoire, tellement la tristesse l’étouffée aux premières syllabes.
Je ne sais pas ce que je laisserai dans ce monde, par contre ce que je sais, c’est qu’ils nous ont rendu Libre et heureux, leurs luttes n’auront pas été vaines.
Gracias a todos y todas.
La guerre d’Algérie n’a pas eu lieu de 1957 à 1963, mais de 1954 à 1962.
Cordialement.
Oui tout à fait exact : Novembre 54 (nuit Toussaint rouge) jusqu’à 1962 (indépendance). Je corrige. Merci de me dire si le site vous a intéressé en sachant que pour l’instant c’est encore une maquette. Bonne journée à vous. Jean-Michel Perez, administrateur du site