On dit souvent, et c’est fondé, que la guerre civile espagnole a été « enterrée » par la seconde guerre mondiale. Mais ce qui reste encore plus à mettre en lumière c’est la participation active de nombreux républicains, ayant vécu la retirada, aux mouvements de la résistance française. L’exemple le plus connu est, certes, celui de « la Nueve », 9e compagnie, rattachée à la 2e division blindée du général Leclerc, qui furent les premiers soldats alliés à rentrer dans Paris le 24 août 1944. Le rôle de ces hommes fut longtemps oublié avant d’être salué. Particularité, 146 de ces hommes étaient des républicains espagnols. D’où le surnom de « Nueve » – « 9 » en espagnol – donné à cette compagnie. Ils participeront à la libération de nombreux départements dont l’Ariège, les Basses-Pyrénées, le Gers, le Tarn et les Pyrénées-Orientales. Les Espagnols étaient aussi présents dans les grandes concentrations de résistants : le Vercors, le Plateau des Glières, le Mont Mouchet.
Mais d’autres pôles de résistance ont accueilli des républicains espagnols qui voyaient dans la lutte contre le nazisme un prolongement de la lutte antifasciste contre Franco. Le récit du groupement de résistance du barrage de l’aigle participe à la reconstitution de cette histoire trop souvent méconnue.

Situé sur la Dordogne, entre Corrèze et Cantal, le barrage de l’Aigle doit son nom à un rocher qui le surplombe, appelé rocher de l’Aigle. Il pourrait être dû à la population de rapaces qui vivent dans la région ou à son nom occitan : « lour roc qui biu l’aigue » signifiant le rocher qui boit l’eau.
C’est en 1935, juste avant la guerre, que la construction de ce grand barrage hydroélectrique, qui doit retenir les eaux de la Dordogne, est lancée
Censé se terminer en 1942, le chantier ne sera achevé qu’en 1945 et le barrage inauguré le 15 octobre, bien après la capitulation allemande. L’ouvrage est titanesque : 92 mètres de haut et 289 de long. Mission accomplie !
Le barrage de l’Aigle est, après Marèges, la seconde étape de l’aménagement hydroélectrique de la Dordogne en amont d’Argentat. Entrepris en 1939, le chantier est dirigé par André COYNE et Marcel MARY , dans le cadre du Service Technique des Grands Barrages (S.T.G.B.) replié de Paris à Mauriac (Cantal) après 1940. La construction se poursuit après l’armistice, avec pour chef d’aménagement André DECELLE , ingénieur des Ponts et Chaussées et prisonnier évadé. Dès 1940, à l’initiative du Commandant Pierre ROUSSILHE , des véhicules et du carburant de l’Armée sont transférés au chantier du barrage et échappent aux réquisitions de l’occupant. Ainsi, malgré les nombreuses difficultés d’approvisionnement, l’équipe de direction était décidée à poursuivre la construction, convaincue que les mauvais jours ne dureraient qu’un temps et que la France libérée aurait besoin de ressources énergétiques nouvelles. Le chantier, dès ses débuts, accueillit, parmi les travailleurs, des prisonniers évadés, des patriotes mortifiés par la défaite de 1940 et des militants antifascistes venus d’Espagne, d’Italie ou d’ailleurs.

Le chantier, dès ses débuts, accueillit, parmi les travailleurs, des prisonniers évadés, des patriotes mortifiés par la défaite de 1940 et des militants antifascistes venus d’Espagne, d’Italie ou d’ailleurs.
En 1942 se fait jour le projet de faire participer l’équipe du barrage à un réseau clandestin ; cela débouche, après l’invasion allemande en zone sud, sur la nomination d’André DECELLE comme délégué départemental de l’O.R.A. pour le Cantal, sous le pseudonyme de DIDIER. Le réseau s’enrichit notamment de la venue, en 1943, d’élèves des Ponts et Chaussées réfractaires au Service du Travail Obligatoire (S.T.O.).
Grâce à plusieurs parachutages et à l’établissement d’une liaison radio avec Londres, le réseau remplit au bout du compte la mission qui lui a été fixée : préparer les conditions de vastes rassemblements de volontaires prêts à entrer dans la lutte active lorsque le signal leur serait donné
Quand le conflit éclate, l’occupant donne son feu vert pour que les travaux se poursuivent. Sans se douter une seconde que le chantier cache un foyer de la résistance locale.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, le barrage de l’Aigle abritait clandestinement l’ORA (Organisation de résistance armée) du Cantal : du coup, il n’a jamais produit un seul volt pour les Allemands.
A l’initiative de l’ORA du Cantal, des prisonniers évadés, des militants antifascistes espagnols ou italiens, des maquisards, se cachent sur le site parmi les 1 500 travailleurs. Malgré les rafles régulières, les résistants parviennent à mener à bien leur principale mission : ralentir au maximum la progression des travaux afin de ne pas fournir d’électricité aux Allemands… tout en avançant suffisamment pour que le barrage soit opérationnel quand la France sera libérée.
L’effectif était ainsi réparti :
– État-major : 36 hommes affectés au PC dont, commandant André Decelle (Didier) ayant remplacé le chef d’escadron Roussilhe (Ambord), Lieutenant Roger Walther (Valentin), officier transmissions, Lieutenant Roger Freyd (Fred), officier d’état-major, volontaire Léon Beynel (Léon) et (Mercier) (volontaire X), secrétaires.
– Compagnie Bruno : 122 hommes aux ordres du Capitaine Poirier (Bruno).
– Compagnie Bernard : 135 hommes aux ordres du Capitaine Bouchot (Bernard).
– Une réserve au barrage de l’Aigle et à Mauriac : 44 hommes sous les ordres du Lieutenant Raynal et du Sergent-Chef Ganne (Gardiens du barrage).
– Compagnie des services (auto, transmissions, ravitaillement, santé) : 65 hommes aux ordres du Lieutenant Audy
Éléments étrangers :
– Deux compagnies espagnoles de 75 hommes aux ordres des Capitaines Montoliu Del Campo et Manuel Barbosa.
– Une compagnie polonaise de 100 hommes sous les ordres du Capitaine Teuer.
– Une compagnie nord-africaine de 100 hommes qui rejoindront plus tard individuellement ou en groupes les maquis Gao et Dakar de la Corrèze, le maquis Chouan de la Haute Vienne et le bataillon nord-africain ORA du Puy de Dôme.
– Une compagnie indochinoise (non constituée à terme).
1939-1944 : Le Barrage de l’Aigle, creuset de la réorganisation de la CNT-AIT espagnole en exil.
« le barrage de l’Aigle n’est pas seulement un ouvrage de résistance matérielle. Il a été aussi un repère de résistance à l’envahisseur allemand. Ni la guerre, ni la déroute, ni l’occupation n’ont arrêté le travail continu du barrage. Tout au contraire : il fallait empêcher que le béton aille grossir le mur de l’Atlantique et que les hommes quittent le chantier pour des chantiers allemands. Dans ces montagnes nées pour cacher des maquis, la résistance a été tellement bien organisée que pas un seul homme, pas un mètre cube de béton, pas un kilo de ferraille ne sont allés collaborer avec les Allemands ».
La réorganisation de la Confédération commence dans un village du Cantal
Dès leur arrivée au camp, les vétérans de la CNT-AIT espagnole commencent à recréer des liens affinitaires, dans le but de recréer l’organisation clandestine. Durant l’année 1940, le groupe initial est créé : la Fédération Locale d’Aynes. Ses membres multiplient les contacts avec des militants isolés repérés dans les villages alentour, travaillant sur d’autres chantiers ou dans des fermes, avec les nouveaux arrivants sur le chantier du barrage. La 1ère réunion clandestine ouverte aux militants sûrs se tient en octobre 1941. Dès lors, s’enchainent des circulaires, le groupe du barrage, dans l’impossibilité d’établir des contacts avec le Conseil national de a CNT en exil, décide de se constituer en Commission réorganisatrice du Mouvement libertaire en exil
Les relations entre Coyne, Decelle et les espagnols sont bonnes dès le début « Il se sont efforcés de rendre le plus confortable possible la vie des ouvriers espagnols…Monsieur André Coyne, salua l’arrivée des réfugiés espagnols en des termes très humains et élogieux, en leur offrant son aide pour tous les problèmes qui relèveraient de ses compétences, leur ouvrant aussi la porte d’entrée, avec tous les honneurs, dans la Résistance française opposée aux troupes allemandes…Un autre jeune ingénieur, Monsieur André Decelle, se révéla également très chaleureux et compréhensif ».
Le journal « Notre barrage », journal du chantier destiné aux ouvriers, qui avait fini par être interdit par Vichy pour propos séditieux et qui réapparu brièvement après la Libération, consacra » plusieurs articles aux espagnols, afin d’informer les français sur leur participation à la Résistance et ce qu’ils leur devaient pour leur Libération.

Portraits de certains républicains engagés dans le mouvement de résistance du barrage de l’Aigle
SANTIAGO PAVON, José « Antonio ORDONEZ-MUNEZ »

Gardien de troupeau en Andalousie, José Santiago Pavon avait fait en 1934 son service militaire au 15ème régiment d’infanterie. L’année suivante il adhérait à la CNT.
Lors du coup d’état franquiste de juillet 1936 il s’était enrôlé comme milicien dans une colonne anarchiste. Puis il avait combattu dans l’armée républicaine sur le front nord et notamment en 1937 à la bataille de Bilbao. Après la chute de la ville aux mans des franquistes en juin 1937, il était parvenu à regagner Barcelone et avait continué de participer à la défense de la Catalogne.
Passé en France le 10 février 1939 lors de la Retirada, il fut interné au camp d’Argelès de 1939 au 30 juin 1942. Enrôlé à cette date dans un Groupe de travailleurs étrangers (GTE), il fut affecté aux travaux du Barrage de l’Aigle (Cantal) au sein de l’entreprise de bâtiment Ballot. C’est sur ce site qu’allait se reconstituer clandestinement la CNT et s’organiser une compagnie espagnole de maquisards. En juin 1944, sous le nom de Antonio Ordonez-Munez, José Santiago s’intégra à cette compagnie espagnole intégrée au Bataillon FFI du commandant Didier, l’ingénieur André Decelle et commandée par le compagnon José German Gonzalez. Dès le début des combats pour la Libération, avec les autres compagnons, il avait quitté le site du barrage pour rejoindre à pieds le col de Neronne, puis le groupe du Pic Violent commandé notamment par le compagnon Juan Montoliu (voir ce nom). Chargé du fusil mitrailleur du groupe 35 (ou 36), il participa aux combats pour la Libération du Cantal et d’une partie de l‘Auvergne – notamment aux accrochages près du tunnel du Lioran, des colonnes allemandes venant d’Aurillac et se dirigeant vers Clermont Ferrand – jusqu’à la fin septembre 1944 où il avait regagné le barrage pour en terminer la construction.
Le 26 avril 1945 il quittait le chantier du barrage et demandait le statut de réfugié politique auprès de la préfecture du Cantal. De cette date à octobre 1954 il allait travailler dans le Var à la destruction des bunkers allemands et à la réparation des ponts, routes et voies ferrées dans les Alpes. Après la scission survenue à l’automne 1945 dans la CNT e exil, il fut membre de la CNT dite collaborationniste favorable aux thèses de l’intérieur. A partir d’octobre 1954, il travailla comme mineur de fond dans les mines de cuivre, de plomb et d’argent du massif des Maures jusqu’à sa retraite en 1973. Fin 1986, pour son action dans la Résistance, José Santiago reçut la médaille et le diplôme de la Reconnaissance attribuée par l’Association des réfractaires et maquisards de France.
José Santiago Pavon, qui était resté fidèle à ses idéaux libertaires, est décédé au Luc de Provence (Var) le 9 avril 1989 des suites de silicose.
A 22 ans, en Andalousie, il était militant de la Confédération Nationale du Travail, un mouvement syndicaliste anarchique. En 1936, il a pris les armes comme milicien anarchiste et a probablement fait partie de la colonne Durruti… Nous savons qu’il a ensuite combattu en 1937, à la bataille de Bilbao, dans l’Armée Populaire de la République, avant de se replier sur Barcelone dans les combats jusqu’à la Retirada en février 1939. De là, l’enfermement dans le camp d’Argelès, puis le barrage de l’Aigle dans le Cantal.

Joseph Blas Asens-Giol (1900-1985)

José Asens Giol est né le 11 juillet 1900 à Porrera – Région de Tarragone. Au moment du coup d’état franquiste, le secrétaire de la FL-CNT de Barcelone et membre du Comité régional catalan. Le 17 juillet 1936, au nom de la FL et du CR, il avait fait partie avec B. Durruti de la délégation qui s’était rendu au siège de la Généralité pour y réclamer en vain la distribution d’armes. Le 21 juillet, lors du plenum régional qui suivit l’écrasement des militaires insurgés, il fut nommé avec Durruti et J. Garcia Oliver Domme délégué de la CNT au Comité central des milices antifascistes. Puis il fut le secrétaire du Comité central des patrouilles de contrôle de Barcelone et dont il fut l’organisateur avec A. Fernandez.
Le 2 avril 1938, lors de la création à Barcelone du Comité exécutif du Mouvement libertaire, il y fut nommé comme représentant de la CNT. A cette même époque il fit de nouveau un voyage à Ambilly près d’Annemasse avec Conrado Guardiola et Mario Gallud. Plusieurs membres du réseau dont Guardiola en juin, puis Déturche en juillet 1938 furent arrêtés dans cette affaire de trafic d’armes.
Passé en France lors de la Retirada, José Asens Giol avait semble-t-il, été arrêté à Paris où il rcherchait sa famille dispersée. Transféré à Villeneuve sur Lot, il fut ensuite interné au camp du Vernet d’Ariège du 13 décembre 1939 au 11 octobre 1941. où il fut envoyé dans une compagnie de travailleurs étrangers pour travailler au barrage de l’Aigle dans le Cantal. C’est là qu’avec un noyau de compagnons, dont J. Berruezo et José German, il participa à la réorganisation clandestine de la CNT pendant l’occupation. En novembre 1941 il était membre du Comité de relations de la CNT du barrage. Lors du plenum clandestin tenu à Mauriac en juin 1943, il fut nommé comme secrétaire du comité de relations du MLE en exil dont les autres membres étaient J. Berruezo et J. German. Son fils José Asens Valera était l’un des 75 espagnols intégré dans une compagnie du Bataillon Didier au barrage de l’aigle (voir Juan Montoliu del Campo)
José Asens Giol était marié avec Amelia Valera Lozano (née à Origuela le 16 février 1902, décédée le 15 octobre 1991) avec laquelle il eut quatre enfants :José, Conchita, Rosita et James [Jacques].
Á la Libération il militait à la Fl-CNT d’Aynes. Après la scission en 1945 du mouvement libertaire espagnol, il adhéra à la tendance dite collaborationniste. Au début des années 1970, il était membre à Seynod (Haute Savoie) des Agrupaciones confédérales qui éditaient le mensuel Frente Libertario (Paris).
José Asens Guiol est mort le 4 juin 1985 à Annecy et a été inhumé à Seynod.
José Berruezo Silvente « Clarin » (1895-1990)

Dès l’âge de 14 ans, José Berruezo Silvente, disciple des instituteurs rationalistes Julian Raja Vivancos et Juan Martinez Izquierdo du Centre ouvrier de Mazarron, distribuait des manifestes parmi les ouvriers mineurs de la région. En 1912 il participait à la création du Centre d’études sociales et deux ans plus tard, était emprisonné à Totana pour avoir reint des slogans anarchistes. Au retour de son service militaire à Melilla, il émigrait en 1919 à Barcelone, puis à Marseille. Revenu en Espagne en 1920 il s’établissait alors à Santa Coloma de Gramanet où il allait participer à la fondation de l’Ateneo et être secrétaire de la CNT (1922) tout en participant à de nombreuses réunions et plenums. Pendant la dictature de Primo de Rivera et après avoir été licencié de son travail, il était le secrétaire de l’Ateneo (1924) et responsable du Comité pro-presos. Avec la proclamation de la République il participait en octobre 1931 à la création de la Maison du Peuple où il était responsable avec Gregorio Jover de l’école rationaliste. Lors du 2è congrès de la CNT à Badalone, il était le délégué de Santa Coloma. Entre 1932 et 1935 il a été licencié et a été instituteur à plusieurs reprises à l’Ateneo de San Adrian. De 1934 à 1936, sous le pseudonyme de Clarin il était le correspondant de Solidaridad Obrera à Santa Coloma.
Pendant la guerre civile José Berruezo Silvente a été responsable de la santé au Comité révolutionnaire de Santa Coloma, conseiller de la Santé à la mairie (d’octobre 1936 à la fin de la guerre) et même maire de Santa Coloma (mai 1937, 1938-1939). Il a été délégué au plenum économique de Valence.
Exilé en France en janvier 1939, il était interné au camp de Bram jusqu’au 8 décembre 1939 où il était envoyé travailler dans le Cantal où il arrivait en gare de Mauriac dans la nuit du 9 avec deux autres compagnons, José Marques caballero et Sebastian Gomez Silvente. Affecté sur le chantier du barrage de l’Aigle il allait jouer un rôle primordial dans la reconstruction de la CNT. En juin 1943 il était nommé secrétaire de la Commission de relations du MLE en exil lors du plenum clandestin tenu à Mauriac. En décembre 1943 il représentait la zone occupée au plenum de Montpellier où il était nommé secrétaire du sub comité national de la CNT en exil. Il participait également en 1944 au plenum de Muret et partisan de la participation de la CNT à la résistance contre l’occupant, favorisait l’émergence d’un maquis exclusivement cénétiste au barrage de l’Aigle, la compagnie espagnole du Bataillon Didier (FFI).
José German Gonzalez (1910 ou 1915-1992)
Comme ses deux frères Adolfo et Armando, José German Gonzalez militait dans les années 1930 à la CNT de la comarcale d’Amposta (Tarragone). Pendant la guerre il a combattu dans la Colonne Durruti.
Exilé lors de la retirada, il avait été interné au camp de Saint Cyprien avant d’être envoyé travailler à Aynes dans la Cantal. José German Gonzalez allait très vite se préoccuper de la reconstruction de la CNT en exil. Dès 1941 il était l’auteur des premières circulaires émises par la commission de réorganisation établie au Barrage de l’Aigle et dont étaient également membres José Berruezo Silvente et José Asens. Lors du premier plenum clandestin tenu à Mauriac le 6 juin 1943 il était nommé membre du Comité de relations où il était plus particulièrement chargé des contacts avec la résistance française. Nommé secrétaire du Comité régional en septembre au barrage de l’Aigle, il assistait comme délégué du Cantal au plenum tenu à Marseille en décembre. En mars 1944 il participait avec Juan Manuel Molina et Bernardo Merino à une importante réunion à Roanne avec les responsables de la Résitance. Secrétaire du Comité régional n°3, il participait en 1944 au plenum de Muret puis, après avoir été intégré au Bataillon Didier avec 74 autres compagnons (voir Juan Montoliu del Campo), aux combats pour la libération pour lesquels il sera décoré et nommé au grade de capitaine. Il collaborait au journal publié par la régionale du Cantal Exilio (Mauriac, 19 juillet 1944 à novembre 1947) ; ce journal, dont les huit premiers numéros furent clandestins était dirigé par Manuel Rico et Manuel Morey Blanch, était le premier titre édité en France par le MLE en exil.
En mai 1945 il participait au premier congrès tenu à paris par la CNT en exil et y dénonçait « l’inefficacité du Conseil général du MLE ». Lors de la scission du Mouvement libertaire espagnol, il a sans doute été membre de la tendance dite collaborationniste. A la fin des années 1950 il émigrait au Vénézuela où dans les années 1970 il faisait partie de la tendance appuyant le journal Frente Libertario (Paris). José German Gonzalez est décédé au Venezuela le 7 janvier 1992.
Sources et références :
https://www.xaintrie-passions.com/groupement-de-r%C3%A9sistance-du-barrage-de-l-aigle/
http://cnt-ait.info/2020/07/19/barrage-de-laigle/
https://militants-anarchistes.info/
Geneviève Dreyfus-Armand, « L’exil républicain espagnol : de l’oubli à la mémoire retrouvée », in Résonances françaises de la guerre d’Espagne, Agen, Amis du Vieux Nérac-Édition d’Albret/Ancrage, La Mémoire des métissages du Sud-Ouest/Mémoire de l’Espagne républicaine-Lot-et-Garonne (MER 47), 2011.
Stéphane Courtois, Denis Peschanski et Adam Rayski, Le Sang de l’étranger : les immigrés de la MOI dans la Résistance, Paris, Fayard, 1989.
Memorias del olvido. La contribución de los Republicanos españoles a la Resistencia y a la Liberación de Francia, Paris, FACEEF (Fédération des associations et centres d’Espagnols émigrés en France), 1996. La totalité des témoignages, plus de quinze heures, peut se consulter à La Contemporaine (anciennement BDIC), Université de Paris-Nanterre.