Résumé de la biographie :
Hildegart est conçue à Ferrol, en Galice, par la militante socialiste Aurora Rodríguez Carballeira, d’un père biologique. Sa mère l’élève comme un modèle de « femme pour l’avenir ». Dès la grossesse, sa mère s’installe à Madrid, où Hildegart naît en 19144, au numéro 3 de la rue Juanelo. Elle est la cousine du pianiste Pepito Arriola. Sa mère Aurora pense que les enfants ne doivent pas être inscrits au registre des naissances ; ce qu’elle fait malgré tout, avec retard, le 29 avril suivant ; auparavant, le 23 mars, elle fait baptiser sa fille bien qu’elle soit une athée militante. Sur son extrait de naissance, l’enfant figure sous le nom complet d’Hildegart Leocadia Georgina Hermenegilda María del Pilar Rodríguez Carballeira, bien qu’elle n’ait jamais utilisé que le premier prénom. Jusqu’à l’âge de quatre ans, elle reçoit des visites de son père, jusqu’à ce qu’Aurora commence à trouver son influence néfaste et lui interdit de revenir. À trois ans, Hildegart, enfant prodige, sait déjà écrire, et à huit ans, elle parle six langues. Elle est encore très jeune quand elle commence à travailler activement au parti socialiste espagnol et à l’UGT, trouvant un appui dans la base, bien qu’elle soit considérée avec méfiance par les dirigeants qui essaient de la faire paraître en public le moins possible. La publication en 1932 d’une lettre au journal La Libertad, dans laquelle elle critique sévèrement une alliance possible du parti socialiste espagnol avec un candidat réactionnaire, provoque son expulsion. Suite à cela, elle adhére au Parti Fédéral. Hildegart est l’une des personnes les plus actives de son temps du mouvement pour la réforme sexuelle en Espagne, et elle a des contacts avec l’avant-garde européenne à ce sujet, entretenant une correspondance avec Havelock Ellis, qu’elle traduit. Quand se fonde la Ligue espagnole pour la réforme sexuelle (branche espagnole de la ligue mondiale pour la réforme sexuelle), présidée par le docteur Gregorio Marañón, on la choisit sans hésitation comme secrétaire. Elle publie de nombreux textes, entre autres la monographie La Révolution sexuelle qui se vend à 8 000 exemplaires, seulement à Madrid, dans la première semaine qui suit sa publication4, et contribue de façon significative à sa notoriété. Elle entretient une correspondance avec des personnalités européennes de l’époque, entre autres H. G. Wells, qu’elle accompagne longuement quand il visite Madrid. L’intention qu’il avait de l’emmener à Londres comme secrétaire, supposait qu’elle se séparât de sa mère et développât son propre potentiel, en fait, alimente la paranoïa d’Aurora qui voyait autour de sa fille une conspiration. La détérioration de sa relation avec sa mère devient profonde, surtout en raison de la paranoïa de cette dernière. Hildegart essaya quelquefois de se séparer d’elle, à quoi sa mère répond par des menaces de suicide. Elle écrit ensuite « Le sculpteur détruit son œuvre, dès qu’il a découvert en elle la moindre imperfection ». Une nuit, alors qu’Hildegart dort, sa mère la tue, lui tirant trois coups dans la tête et un autre au cœur. Hildegard est donc morte à l’age de 18 ans et 6 mois. A cet age là, elle avait publié 15 livres. Cette histoire tragique a inspiré un film “Mi Hija Hildegard” de Fernando Fernan Gomez en 1977.