Résumé de la biographie :
De son vrai nom Sinesio Baudilio García Fernández est un anarchiste radical, figure majeure du mouvement anarchiste, miltant, économiste et auteur de nombreux ouvrages. Il est né le 20 Mai 1987 d’un fils de forgeron à Reyero dans un village de montagne du Leon. Il décèdera le 18 Octobre 1983 à Barcelone. C’est donc un homme qui a connu toute la période de la montée historique de l’anarchisme en Espagne, les vicissitudes de la guerre et la retombée des grands mouvements populaires dans la seconde moitié du XX° siècle. Santillán émigre avec ses parents à l’âge de huit ans en Argentine. Dès l’âge de dix ans, il suit des cours du soir et travaille la journée, notamment sur les lignes de chemin de fer. Il revient en Espagne en 1912 et prépare le baccalauréat avant de rejoindre l’Université de Madrid en 1915 pour suivre des cours de philosophie et de littérature. Après la grève générale de 1917, il est emprisonné à Madrid et rencontre en cellule Tomás Herreros, qui le met en contact avec le mouvement anarchiste. Une amnistie le libère en 1918 et il retourne en Argentine, travaillant comme militant au sein de l’anarcho-syndicaliste Federación Obrera Regional Argentina (FORA) et éditeur de son bulletin hebdomadaire La Protest. Il fait des études de médecine à Berlin de 1922 à 1926. Pendant cette période il collabore avec la direction de l’AIT et rencontre les personnalités les plus en vue du mouvement libertaire en Europe. Il connait les parfaitement les doctrines anarchistes, il a d’ailleurs traduit les oeuvres de Bakounine, de Gustav Landauer, de Rudolf Rocker. De par son expérience argentine, Santillán se situe dans une branche foncièrement anti étatique et antiréformiste. A son arrivée à Barcelone en 1934, il forme avec d’anciens militants de la FORA le groupe Nervio. Puis Santillan prend rapidement en charge la direction de Tierra y Libertad, l’hebdomadaire de la FAI puis il fonde en 1934 la revue Tiempos Nuevo.Le groupe Nervio devient le centre de pouvoir de la FAI et ne pourra en être delogé jusqu’à la disparition de la FAI dans la débâcle de 1939. Après la révolution de juillet 1936, il représente la FAI au Comité central des milices antifascistes (CCMA), qui coordonne les diverses milices de Catalogne (et qui formait de facto le gouvernement catalan au début de la guerre civile). La théorie économique anarchiste est à l’époque la première de ses préoccupations, ce qui se traduit dans son livre El organismo económico de la revolución (1936), publié au nom de la Confédération nationale du travail (CNT) (réédité en 1937 sous le titre After the Revolution: Economic Reconstruction in Spain Today). Entre décembre 1936 et avril 1937 il est conseiller économique au sein du ministère de l’économie de la Generalitat de Catalogne tout en continuant de prôner politiquement les principes anarchistes de la démocratie directe. Il se montre particulièrement critique du gouvernement et de Juan Negrín, et dénonce les crimes du Parti Communiste d’Espagne (fidèle au Komintern) dans la guerre civile. Il publie deux livres : La revolución y la guerra de España (1938) et une bibliographie d’écrits anarchistes argentins (1938). En avril 1938, Santillán rejoint le comité national du front populaire antifasciste formé par les anarchistes de la CNT et les socialistes de l’UGT. La défaite de la république espagnole face aux forces franquistes le conduit à retourner en Argentine via la France. De retour en Argentine, Santillán se fait discret, fonde plusieurs journaux et poursuit ses travaux de recherche – Il collabord de façon suivie à la Gran Enciclopedia Argentina et production d’analyses critiques du mouvement syndical et du péronisme : Por qué perdimos la guerra: una contribución a la historia de la tragedia española (1940) – adapté plus tard en film par son fils, Francisco Galindo. En 1977, à l’âge de 80 ans, Santillán retourne dans l’Espagne de l’après Franco, s’établissant de nouveau à Barcelone, et y rédige ses mémoires publiées sous le titre Memorias 1897-1936 (1977). Il meurt à Barcelone le 18 octobre 1983.
Sources bibliographiques :
Paul Preston “Une guerre d’extermination”, éditions Belin, 2016, EAN: 9782701196213 – Cesar M. Lorenzo, “Le mouvement anarchiste en Espagne”, – Wikipédia.